Nouvelle érotique
Jouets de printemps

Jouets de printemps

C’est le printemps, bonne saison pour reveiller son cœur et son corps avec quelques jouets qui enflamment. A offrir et s’offrir...
Françoise Simpère.

Ne parlez pas de sex-toys, le mot a déjà des relents d’américanisme pudibond. Dites « vibros », « vibreurs » « jouets », rangez vos trouvailles dans une boîte à malices, retrouvez vos instincts d’enfant quand avec deux bouts de bois et un chiffon vous improvisiez une poupée ou une arme fatale selon votre désir du moment. Désir, voilà le secret ! Eh oui, pas plus qu’un comprimé de Viagra ne fait bander un homme exténué dont la libido est en berne, pas plus un vibreur à modulation de fréquence et tourniquette à cinq vitesses ne vous fera jouir- oui, jouir et non pas « avoir un orgasme » qui vous a un côté médical consternant - ne vous fera jouir, donc, si votre esprit est préoccupé par un devoir à finir ou un rapport comptable à rendre. Jouer, seul ou avec un (une) partenaire, c’est avant tout se donner du temps pour créer l’ambiance. Moyennant quoi votre sac à malices deviendra une malle aux trésors.

Avant de rejoindre votre ami pour dîner, mettez une musique sensuelle ou torride dans le lecteur CD, puis allongez-vous à plat ventre sur votre lit. Tournez entre vos mains le galet vibrant dont le seul contact donne le frisson. Jouez avec comme avec des boules de Qi gong, massez vous les paumes, éveillez les sensations de chacune de vos cellules, puis enclenchez le vibreur et glissez le galet sous votre ventre. Fermez les yeux, vous êtes sur une plage : il fait chaud, vous vous donnez du plaisir au soleil, tandis qu’à deux mètres de vous un bel éphèbe au corps doré ne vous quitte pas des yeux. Il se lève, approche… Augmentez la vibration. Il vous prend l’objet des mains en murmurant « Laisse-toi faire. » Vous êtes à sa merci, il vous ordonne de vous laisser aller mais de ne surtout pas crier pour ne pas ameuter les vacanciers. Augmentez encore la force des vibrations, le galet pénètre entre vos lèvres humides et vous agace en un point bien précis, votre ventre se tord, retenez vos gémissements. Sur la plage, les regards se tournent vers vous, certains devinent votre émoi… Faites tourner la pointe du galet, comme une langue douce et dure à la fois qui explorerait chacun de vos replis. Vous n’en pouvez plus, n’arrêtez surtout pas, allez jusqu’au bout de votre plaisir. Criez !

Il est l’heure de rejoindre votre ami, ne partez pas sans avoir glissé en vous le Déclic, lubrifié par votre plaisir, et mis la télécommande dans votre sac à mains. Vingt minutes de voiture, le temps qu’il faut pour réécouter la musique qui a rythmé votre jeu précédent. Réflexe de Pavlov : vous avez de nouveau envie. Avant de rejoindre votre table, testez quelques secondes dans la voiture votre télécommande. Dînez, buvez juste ce qu’il faut pour que vos yeux brillent sans que vous perdiez vos moyens. Au dessert, offrez la télécommande à votre ami en lui expliquant à quoi elle sert. Il sourit, appuie sur le premier bouton, vous voit pâlir, rougir, frémir. Le jeu l’amuse, il veut le pousser plus loin, vous refusez : « Non, pas au restaurant. » Il accepte, et vous ramène chez vous sans discuter. Tandis qu’il fixe la route, sa main droite posée entre vos cuisses joue avec les attaches de votre porte-jarretelles plumes. Il se gare à 200 m de chez vous, vous intime l’ordre de sortir et de marcher devant lui. Vous avancez lentement dans la nuit sombre quand une vibration vous cloue de plaisir : l’homme joue avec la télécommande du Déclic et teste les différents programmes dont le plus saccadé, le plus irrégulier, vous met au bord de la jouissance : « Arrête ! » le suppliez-vous en vain. Pour toute réponse, il augmente le volume. Vous succombez, l’homme vous serre dans ses bras, ravi. Une telle victoire mérite vengeance.

Arrivée chez vous allumez sans attendre la Bougie d’amour à la vanille . Pendant qu’elle devient liquide, comme vous très bientôt, déshabillez votre partenaire : « A mon tour maintenant, c’est moi qui décide ». Un bouton après l’autre, lentement, défaites sa chemise. Puis agenouillez-vous devant lui, et ouvrez son pantalon, là encore sans hâte. Prenez le temps de caresser le tissu, de faire le tour de la queue, de la laisser prendre ses aises, jusqu’à ce qu’elle ne soit plus du tout à l’aise ainsi comprimée. Délivrez la, regardez la jaillir : il n’est guère de sensation plus voluptueuse… Puis retirez le pantalon, mettez complètement à nu l’homme, avec une douce autorité. D’une pichenette, poussez le sur le lit. Le voici sur le dos, bite dressée, offert. « Ne bouge pas, attends-moi ». Allez chercher la bougie, comme si vous souhaitiez éclairer le lieu de vos ébats, l’homme adore ça. Soulevez votre jupe- une jupe longue et ample, faites-lui admirer votre string black and chic ou votre love boxer, que vous enlèverez prestement, puis jetterez en le faisant tournoyer par dessus votre tête. Alors, au-dessus de son ventre, penchez doucement la bougie. L’homme chuchotera haletant : « Attention, ne me brûle pas » tandis que son excitation montera d’un cran, d’un centimètre. « Ne crains rien, mon amour ». Il sentira choir une goutte de cire tiède, deux, trois, dix… s’épanouissant en fleurs sur sa peau. Vous posez alors la bougie et étalez la cire sur son ventre. Elle se transforme aussitôt en huile de massage vanillée, un délice pour caresser ses fesses et ses cuisses, puis finir en glissante promenade sur son sexe devenu gourmandise … à déguster sans modération, jusqu’à ce que votre envie à tous deux n’y tienne plus. Lui nu, vous habillée, le chevauchant comme une Amazone vous sentirez bientôt les effluves de votre plaisir se mêler aux senteurs de la vanille, mélange sucré-salé, exotique comme un voyage en jungle tropicale.
Variante : la cire ne convient pas aux ébats protégés, les corps gras rendant le latex poreux. Si vous devez utiliser un préservatif, choisissez plutôt le lubrifiant Concept Intense dont la douceur siliconée autorise de voluptueux massages, facilite les glissements progressifs du plaisir et rend quasiment imperceptible le préservatif.

Au lendemain d’une telle soirée, ne manquez pas de glisser dans votre sac votre rouge plaisir pour un petit raccord express de sensations, toujours bienvenu lorsqu’on évoque dans sa tête une nuit d’amour. Le Dolfy semble aussi très prometteur… à condition de vérifier avant usage l’efficacité des touches qui ne va pas toujours de soi et qui donne envie, lorsque l’engin se montre rétif à toute vibration, de passer des menottes strassées au vendeur pour le punir, ou même de lui infliger un châtiment sensuel à l’aide du martinet ébène, idéal pour des sévices raffinés.

Françoise Simpère

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